LAM AYA : nouvelle cartographie génomique française

News - 25/06/2026

LAM chez les adolescents et jeunes adultes : une cartographie génomique française pour mieux comprendre une population à l’interface

Les adolescents et jeunes adultes, souvent regroupés sous l’acronyme AYA, constituent une population singulière en oncologie. Ils se situent à l’interface de deux systèmes de soins, pédiatrique et adulte, mais aussi potentiellement de deux paysages biologiques. Une étude publiée le 25 juin 2026 dans Leukemia apporte de nouvelles données sur le paysage génomique des leucémies aiguës myéloïdes dans cette population.

Le travail associe notamment Loïc Vasseur, Nicolas Duployez, Nicolas Boissel, Claude Preudhomme, Arnaud Petit et Laurène Fenwarth. Il s’appuie sur plusieurs protocoles et cohortes françaises, dont ELAM02, ALFA-0702, CBF-2006 et ALFA-1200. Cette mise en commun est importante : les LAM AYA sont relativement rares, et leur caractérisation exige des cohortes suffisamment larges pour ne pas confondre particularité biologique et simple fluctuation liée aux petits effectifs.

L’intérêt de cette cartographie dépasse la description de mutations. En LAM, l’âge influence déjà les décisions thérapeutiques, la tolérance aux traitements et la probabilité de certaines anomalies moléculaires. La question est de savoir dans quelle mesure la catégorie AYA correspond également à une architecture génomique particulière et comment cette information doit dialoguer avec la maladie résiduelle, les facteurs cliniques et le choix des protocoles.

Pour la recherche translationnelle, cette étude rappelle surtout que les catégories d’âge utilisées dans les essais ne sont pas neutres. Un seuil administratif entre pédiatrie et médecine adulte peut masquer une continuité biologique ou, au contraire, une transition progressive de certaines altérations. Mieux décrire ce continuum peut aider à concevoir des protocoles plus cohérents, à comparer les résultats entre réseaux pédiatriques et adultes et à identifier les patients pour lesquels une stratégie issue de l’un de ces deux univers serait la plus pertinente.

Cette publication illustre aussi la valeur des réseaux nationaux : en agrégeant données génomiques, cliniques et thérapeutiques, ils rendent possible l’étude de sous-populations que chaque centre, pris isolément, verrait trop rarement.