LAM NUP98-r : une cohorte française précise le pronostic

News - 30/07/2026

LAM avec réarrangement de NUP98 : une cohorte française précise le risque chez l’adulte

Une cohorte de 95 adultes montre que les LAM NUP98-r forment un groupe à haut risque, avec une forte hétérogénéité selon le partenaire de fusion et les co-mutations.

Les réarrangements de NUP98 sont désormais reconnus comme une entité biologique importante des leucémies aiguës, mais leur signification chez l’adulte restait moins bien caractérisée que chez l’enfant. Une étude publiée dans Leukemia en 2026 rapporte l’une des plus grandes cohortes adultes françaises : 95 patients atteints de LAM avec réarrangement de NUP98.

La cohorte présente un âge médian de 50 ans et une forte fréquence de co-altérations FLT3-ITD et WT1. La fusion NUP98::NSD1 représente 54 % des cas et se distingue par un profil particulier : patients plus jeunes, davantage de LAM de novo, forte fréquence de caryotypes normaux et enrichissement en FLT3-ITD et WT1.

Le pronostic global est défavorable, avec une survie médiane d’environ 15 mois dans l’ensemble de la cohorte. Les auteurs montrent surtout que les patients NUP98-r classés initialement en risque intermédiaire selon l’ELN ont un devenir qui ressemble davantage à celui des patients à risque défavorable. Cette observation est importante pour la stratification : une classification peut sous-estimer un risque lorsqu’une anomalie récemment mieux caractérisée n’est pas encore pleinement intégrée dans l’algorithme pronostique.

Un signal exploratoire concerne les inhibiteurs de FLT3. Chez les patients intensivement traités, leur utilisation était associée à une amélioration du pronostic, et la survie à cinq ans atteignait 53,3 % dans ce sous-groupe. Ce résultat ne constitue pas une preuve randomisée d’efficacité spécifique aux LAM NUP98-r, mais il souligne l’importance des co-mutations actionnables dans une entité pourtant définie par un autre événement génétique.

L’étude illustre ainsi une idée centrale de la génomique clinique : une fusion ne résume pas à elle seule la maladie. Le partenaire de fusion, les co-mutations et la réponse au traitement construisent ensemble le risque réel du patient.